Abstract
Le muséum d’histoire naturelle de Toulouse se présente comme un musée “de sciences” intégré dans un projet de “quartier des sciences”. Ce paradigme scientifique reste encore associé à des notions de neutralité et d’objectivité à relativiser pour ne pas effacer le contexte de naissance des sciences dites modernes en Occident et de la constitution des collections naturelles et culturelles qui leur sont associées. En effet, le qualificatif “scientifique” ne reflète pas véritablement les conditions d’appropriation des objets plutôt acquis dans un cadre militaire ou d’administration coloniale ni leur arrivée au muséum en lien avec des personnalités qui par leur don cherchaient à accéder à une forme de prestige social et de postérité. À partir du corpus des archives du muséum d’histoire naturelle et de la ville de Toulouse, de l’analyse des biens patrimoniaux et de leur documentation et d’un travail ethnographique mené au sein du musée depuis 2017, nous souhaitons proposer un bilan de nos connaissances actuelles sur les biens en provenance d’Afrique conservés à Toulouse sous un angle critique. La documentation actuelle, encore lacunaire sur les provenances des collections, doit nécessairement être questionnée car elle reflète la situation coloniale à l’origine de l’appropriation des collections et de leur “translocation”. La terminologie employée véhicule les représentations stéréotypées de l’époque à laquelle l’évolutionnisme social s’épanouissait dans le monde académique et le racisme s’étendait dans toutes les strates de la société. La typologie des collections ne peut également se comprendre qu’en lien avec les statut et fonction des donateurs : par leur geste d’appropriation de biens “trophées” ou considérés comme représentatifs des modes de vie des sociétés africaines, ils ont participé à la sélection de ce qui fait aujourd’hui patrimoine. La
Collections
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