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Abstract

En Mai 2002, Ernest Pignon-Ernest, installe sur les murs de Warwick (Durban) et de Kliptown (Soweto), les sérigraphies grandeur nature d'une Pietà noire portant un homme noir malade du Sida. Ce déplacement géographique d'un contexte d'action et d'installation habituellement méditerranéen à un contexte sud-africain, met en exergue le rapport au lieu que construit l'art outdoors in situ depuis les années 1960, et offre au géographe une très belle occasion de travailler la dimension spatiale de la pratique artistique contemporaine pour refondre l'appareil théorique et conceptuel qui permet d'appréhender adéquatement ces œuvres. L'élaboration théorique et conceptuelle des spatialités de cette œuvre particulière, permettra d'une part, d'évaluer les apports et les limites des concepts forgés dans les champs de l'esthétique, de l'histoire et de la critique d'art pour construire l'intelligibilité de ce type d'œuvre, et d'autre part, de promouvoir une conception relationnelle, dite chôrésique, des lieux avec les choses qui les occupent contre une conception positionnelle centrée sur les objets d'art, traditionnellement défendue par ces disciplines. L'élaboration de cette conception relationnelle de l'œuvre d'art contemporaine s'appuie non seulement sur le recours à des concepts et des approches propres à la géographie, mais met aussi en évidence le rôle heuristique de démarches et de procédures communes à l'art et à la géographie dans le dégagement de cette autre intelligibilité de l'art. En effet, parce que le terrain et le dessin sont les « fabriques » spatiales de La Pietà, ils fonctionnent comme les accroches et les opérateurs d'une pensée nouvelle de l'art contemporain en géographie. Ils sont aussi les opérateurs de son fonctionnement comme œuvre politique sur le modèle du land claiming.

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